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Historique

L'histoire du Collège Saint-Joseph d'Antoura, de la période jésuite (1657–1773) à nos jours, établie à partir des fonds d’archives de l’établissement.

Depuis 1657

Histoire du Collège

Ce dossier, préparé par Charles al-Hayek, archiviste du Collège Saint-Joseph Antoura, constitue un travail de synthèse historique fondé sur le dépouillement des fonds d’archives de l’établissement, ainsi que sur les anciens ouvrages et articles rédigés par d’anciens misssionnaires et enseignants d’Antoura. Tout en s’inscrivant dans la continuité de cette tradition savante, il entend apporter un éclairage sur des aspects nouveaux de l’histoire de l’institution. Son contenu a été revu par M. le Supérieur, lui-même grand connaisseur de l’histoire du Collège et de la Congrégation. Ce dossier est le premier d’une série de publications à paraître progressivement, au fil de l’avancement des recherches en cours. Bonne lecture.​

Antoura avant les Jésuites

Entre 1289 et 1305, à mesure que les Croisés étaient chassés du Levant, les Mamelouks conquérants menèrent dans le Kesrouan une série de campagnes militaires visant la soumission des montagnes et de leurs habitants, ainsi que le contrôle des mines de fer de la région. À l'issue de ces opérations, ils y établirent une tribu de mercenaires turkomans chargés de surveiller le passage stratégique de Nahr el-Kalb, la baie de Jounieh et les hauteurs du Kesrouan. Désignés dans les sources locales sous le nom de Banū ʿAssāf et, dans les sources turques, sous celui de « fils de l'aveugle », ces émirs disposèrent leurs postes de surveillance (zuq) le long de la route côtière reliant Beyrouth à Tripoli, avec quelque trois cents cavaliers affectés à la garde de cet axe vital. Solidement ancrés dans le Kesrouan dès l'avènement de la période ottomane, les Banū ʿAssāf s'inscrivirent sans rupture dans le nouveau cadre politique : l'émir ʿAssāf, contemporain de la conquête ottomane, reçut du sultan Selim Ier, en 1516, les nahiyeh (districts) du Kesrouan et de Jbeil en iqṭāʿ (fief), avant de fixer sa résidence principale à Ghazir, qu'il transforma en une petite cité prospère dotée d'un palais, d'une mosquée, d'un souk et d'un hammam. Les Assāf jouèrent par ailleurs un rôle déterminant dans l'installation durable des Maronites au Kesrouan, faisant des Hobeish les premiers cheikhs maronites de la région.

Isṭifān al-Duwayhī, ecrit vers 1680.

Levant (1799).

Antoura est attestée, dans ce contexte, comme une des résidences de ces princes. Le patriarche maronite Istifan al-Duwayhi, considéré comme le père de l'historiographie libanaise, mentionne explicitement l'installation des Assāf à Antoura dans son Tārīkh al-Azmina, rédigé vers 1680: “...Quant aux Turkmènes, il s'agit de la famille Assaf qui s'est installée sur les côtes de Keserwan, et ce sont eux qui ont bâti Ain Toura, Aghzir (Ghazir), ...” ( Tārīkh al-Azmina. Éd. Fahd, Buṭrus, p. 290).

L'historiographie libanaise désigne cette période sous le nom d'« émirat Assāf » : une principauté qui domina la majeure partie du Liban entre le Nahr Antelias et le Nahr alMadfoun, jusqu'aux hauteurs de Sannine et de Munaytra, de 1305 jusqu'à son élimination par l'émir Yusuf Sayfa du Akkar et le pacha de Tripoli en 1591. En 1605, l'émir druze Fakhr al-Dīn Maʿn conquit la région sur le pacha de Tripoli et l'intégra à son domaine féodal. Les émirs maʿnides devinrent ainsi les successeurs des Assāf à Ghazir, à la fois comme seigneurs féodaux du Kesrouan et comme protecteurs des Maronites. Au sein de ce nouveau cadre seigneurial, les Hubayses furent rétablis comme cheikhs de Ghazir, et une nouvelle famille maronite, les Khazins, s'imposèrent rapidement comme cheikhs du reste du Kesrouan. C'est sous l'autorité de ces derniers que les jésuites s'installèrent à Antoura en 1657. Les sources historiques du collège indiquent qu'Abū Nawfal al-Khāzin, cheikh du Bilād Kesrouan, accueillit les missionnaires avec empressement et leur fit don d'un terrain : « Il leur fit don d'un terrain où il y avait déjà un commencement de bâtisse, leur promettant la pierre et le bois nécessaires pour continuer. » (Dans Émile Joppin, Histoire d'Antoura, première partie : Antoura sous les Pères jésuites (1657–1783), chapitre premier : « La Fondation », p. 30 ; publié dans les Bulletins de l'Association amicale des anciens d'Antoura , 1939–1949).

Vestiges d'une construction antérieure à 1657, en pierre blanche, incorporés dans le noyau historique du Collège au niveau des voûtes Leroy.

Ce « commencement de bâtisse » renvoie vraisemblablement à un passé bien antérieur à l'arrivée des missionnaires, et c'est dans cette longue durée qu'il faut lire le terrain cédé aux jésuites. L'actuel Collège Saint-Joseph d'Antoura, de même que l'ancien couvent des Visitandines, ont fort probablement été érigés sur l'emplacement d'un pavillon d'été des Assāf, et ce « commencement de bâtisse » en constitue les vestiges de cette construction princière.

La mission jésuite d'Antoura

La Compagnie de Jésus, fondée par Ignace de Loyola en 1540, est un ordre religieux catholique dont la vocation première est de se mettre au service du Saint-Siège, en particulier dans le contexte de la Contre-Réforme. Missionnaire, elle joue un rôle central dans l'effort de Rome pour réaffirmer son autorité sur les Églises orientales. Avant l'installation des Jésuites à Antoura, trois légations successives les avaient conduits auprès des Maronites du MontLiban. En 1578, le Pape mandate deux Jésuites, Jean-Baptiste Eliano et Thomas Ragio, pour informer les Maronites des décisions du Concile de Trente (1545–1563) et s'assurer de leur pleine communion avec Rome. La première mission jésuite de l'Empire ottoman a été fondée en 1583 à l'instigation du pape Grégoire XIII, s'établissant notamment autour de l'église et du couvent Saint-Benoît à Istanbul En 1584, une légation, conduite par les mêmes Eliano et Jean Bruno, aboutit à la fondation du Collège maronite de Rome, placé sous la direction de la Compagnie de Jésus et destiné à former un clergé maronite instruit selon les normes tridentiennes. En 1596 enfin, le Pape Clément VIII confie aux Jésuites Jérôme Dandini et Fabio Bruno une troisième mission, chargée de vérifier

Ignace de Loyola, peint par Francisco de Zurbarán, v. 1600. Royal Collection, Royaume-Uni.

l'orthodoxie doctrinale des Maronites et de préparer la tenue d'un concile de l'Église maronite.

De 1625 à 1657, les jésuites établirent l’ensemble des missions au Levant ottoman qu’ils devaient occuper jusqu’à leur suppression en 1773. Successivement, ils s’installèrent à Alep (1625), Damas (1643), Sidon (1644) et Tripoli (1645). Ces missions correspondaient aux principales villes du Levant ottoman, prospères et dotées d’une présence consulaire européenne significative.

Hormis les minorités maronites qui y résidaient et les familles de certains consuls et marchands européens, peu de catholiques y vivaient cependant. La nécessité d’être au contact des catholiques du Levant, alors représentés presque exclusivement par les Maronites, et de disposer d’un refuge en cas de troubles poussa les jésuites à chercher un établissement hors les murs des grandes villes et au Mont-Liban, surtout dans les districts habités par les maronites. Dès 1650, le père Jean Amieu, de la mission de Syrie et de Perse, était en contact avec Abou Nawfal el-Khazen, cheikh du « Bilad Kesrouan ». Dès 1652, les rapports signalaient l’utilité de s’établir au Kesrouan, et les pères jésuites avaient déjà en vue une maison dont l’achat leur avait été proposé. De son côté, le cheikh Abou Nawfal leur avait à plusieurs reprises offert de s’installer dans son fief, leur promettant sa protection. Abou Nawfal exerçait par ailleurs, à cette époque, les fonctions de viceconsul de France à Beyrouth. Des circonstances particulières devaient précipiter la fondation de la mission d’Antoura. En 1652, le nouveau gouverneur de Sidon, Ali Agha, avait multiplié les vexations à l’encontre des marchands européens dans le but de leur extorquer le maximum d’argent. Son principal grief était qu’ils possédaient plusieurs églises, alors que les Capitulations conclues entre la France et la Sublime Porte ne leur accordaient en droit que la seule chapelle consulaire, sise dans la résidence du consul au Khan el-Franj. Les avanies se poursuivirent ; faute de pouvoir étayer légalement ses griefs, le gouverneur fit emprisonner les marchands dans le khan, leur extorquant quarante mille écus pour prix de leur liberté. Excédés, le consul et les marchands quittèrent Sidon pour Saint-Jean-d’Acre. La mission jésuite de Sidon perdait ainsi son principal soutien.

Page de titre de La Syrie Sainte de Joseph Besson (Paris, 1660), première source historique mentionnant la mission jésuite d'Antoura. Bibliothèque du Service historique de la Défense, Vincennes, D1N41.

À Noël 1656, la tempête faisait rage sur les côtes du Liban. Deux pères jésuites, les pères Lambert et Resteau, en provenance de France, faillirent périr dans la tourmente au large de Sidon, où ils cherchaient à aborder. Leur embarcation fut repoussée vers le nord et vint s’échouer dans la baie de Jounieh. Les habitants, les prenant pour des pirates, s’emparèrent des deux pères et de leurs passagers et les conduisirent auprès du cheikh Abou Nawfal, gouverneur du Kesrouan. Celui-ci reconnut vite qu’il avait affaire à des jésuites, les accueillit chez lui et renouvela la proposition qu’il leur avait déjà faite. En septembre 1657, le père Lambert était de retour au Kesrouan, chargé de la mission officielle de fonder la maison Saint-Joseph à Antoura. Le cheikh leur fit don d’un terrain sur lequel s’élevait déjà une ébauche de bâtisse. Une source, située à quelque cinq cents mètres en amont, assurait l’approvisionnement en eau, et c’est précisément cette source qui a donné son nom au village : Aïn Toura, « la source de la montagne ».​

La seule photographie montrant le dôme de la chapelle Saint-Joseph, prise entre 1900 et 1910. Le dôme fut démonté après 1920 pour permettre l'extension de l'aile nord du collège.

Sous la direction du frère Becherel, adjoint du père Lambert, le chantier du couvent s'éleva rapidement. La partie la plus ancienne d'Antoura, encastrée aujourd'hui dans l'aile nord du Collège, comprenait à l'origine six cellules, trois au rez-de-chaussée, trois à l'étage, quelques dépendances et une terrasse. Une chapelle indépendante du corps principal complétait l'ensemble ; avec le temps, deux cellules supplémentaires y furent adjointes. Dès 1660, la mission figure sur la première édition de la carte jésuite de la Syrie annexée à l'ouvrage de Joseph Besson, La Syrie Sainte (Paris, 1660), témoignage de son ancrage d'emblée dans la géographie missionnaire de la région. En 1725, une nouvelle chapelle, intégrée au bâtiment principal et surmontée d'un dôme, fut achevée grâce aux dons des dames de la noblesse de Lorraine. La mission fut placée sous le patronage de saint Joseph, auquel cette chapelle était dédiée. Son culte demeurait alors peu répandu parmi les chrétiens d'Orient, et la mission d'Antoura contribua à sa diffusion dans le Levant.

Première édition de la carte jésuite de la Syrie, annexée à l'ouvrage de Joseph Besson, La Syrie Sainte (Paris, 1660), sur laquelle figure la mission jésuite d'Antoura. Bibliothèque du Service historique de la Défense, Vincennes, D1N41.

La coupole de la chapelle SaintJoseph.

La partie la plus ancienne du batiment.

Léon de Laborde, Voyage de la Syrie (1837). Cette lithographie restitue l'état des lieux tel que les jésuites l'avaient laissé à leur départ en 1773, antérieur aux extensions entreprises par les Lazaristes qui leur succédèrent dès 1783.

L’œuvre des Jésuites d’Antoura

D’ANTOURA L'objectif premier de la présence jésuite à Antoura était de conduire des missions itinérantes dans la montagne libanaise et d'organiser des retraites spirituelles au profit du clergé local, principalement maronite. Ces activités révélèrent cependant leurs limites : elles ne pouvaient suffire à répondre à l'exigence de formation qu'imposait l'application des réformes tridentines au sein de l'Église maronite. C'est dans ce contexte que les pères Antoine-Marie Naccache, jésuite d'origine chypriote-maronite, et Boutros Moubarak, jésuite maronite du Kesrouan, soumirent en 1714 au Père général un projet de fondation d'un séminaire à Antoura. Ce projet poursuivait un triple objectif : la réforme du clergé, en imposant à tout candidat au sacerdoce un séjour d'un à deux mois consacré aux exercices spirituels ; le soutien dans leur vocation des étudiants de retour de Rome ; enfin, la sélection et la préparation des candidats les plus prometteurs en vue de leur envoi à Rome. Le projet prit forme en 1734 avec l'engagement des travaux de construction du séminaire, édifié à proximité immédiate de la source d'Antoura. Le chantier s'acheva en 1742. L'inscription gravée sur le linteau de la porte principale commémore l'achèvement de l'édifice et le dédie à la Vierge Immaculée, substituant ce patronage à celui du saint fondateur, saint Élie. Une seconde inscription en arabe, en relief sur le linteau de la porte de la chapelle, lui

Inscription du linteau du séminaire, dédicace à la Vierge de l'Immaculée Conception, en latin.

consacre pareillement cet édifice. Les pères jésuites d'Antoura prirent également part au Concile libanais maronite de Louayzé en 1736 : le père Fromage y intervint en qualité d'orateur et de théologien, tandis que le père Houdoul, supérieur de la mission, y figura en tant qu'observateur. C'est également à cette période que les jésuites fondèrent deux établissements appelés à jouer un rôle durable dans la vie spirituelle et sociale du Kesrouan : le couvent de l'Annonciation, al-Bishara, à Zouk Mikhaël, en 1737, destiné à la communauté grecque-catholique, et le couvent de la Visitation, fondé en 1744 à Antoura même, en face de la mission.

La présence jésuite au Levant fut cependant brusquement interrompue par les événements politiques et ecclésiaux qui secouèrent la Compagnie en Europe. La suppression de la Compagnie de Jésus résulte d'une convergence de facteurs politiques, religieux et idéologiques. Les monarchies européennes reprochaient aux jésuites leur loyauté première envers Rome, perçue comme incompatible avec la souveraineté des États ; leur puissance économique et institutionnelle, jugée excessive ; et leur influence directe sur l'éducation et les cours royales, qui en faisait des acteurs politiques autant que religieux. À ces griefs s'ajoutait l'hostilité des courants jansénistes et philosophiques, qui dénonçaient leur casuistique morale et leur opposition aux Lumières. Sous la pression conjuguée du Portugal (1759), de la France (1764) et de l'Espagne (1767), qui procédèrent successivement à leur expulsion, le pape Clément XIV, contraint de choisir entre l'ordre et l'unité de l'Église catholique, signa le 21 juillet 1773 le bref Dominus ac Redemptor, prononçant la dissolution universelle de la Compagnie. En 1764, le roi de France Louis XV prononça la suppression de la Compagnie de Jésus sur le territoire français ; en 1773, le pape Clément XIV l'étendit à l'ensemble de l'Église. Ainsi s'achevait, après plus d'un siècle de présence, la période jésuite à Antoura. La fin de la période jésuite à Antoura s'inscrit dans le cadre politique de l'émirat Chéhab au Mont-Liban. Cette dynastie sunnite, originaire du Wadi al-Taym, avait succédé aux Ma'n druzes en 1697. L'émir régnant depuis 1770, Yusuf Chéhab, qui gouvernait depuis Deir el-Qamar, fut le premier de sa dynastie à embrasser le christianisme en se convertissant au maronitisme. Deir el-Qamar, gravure, The Illustrated London News, 1860.

Son règne, qui s'étendit jusqu'en 1789, constitue ainsi le cadre politique dans lequel s'inscrivirent à la fois la fin de la présence jésuite à Antoura et l'installation des Lazaristes qui leur succédèrent en 1783.

Les premiers témoignages sur Antoura

TÉMOIGNAGES SUR ANTOURA Jean de la Roque (1661–1745), voyageur et écrivain français, effectue plusieurs voyages en Orient, dont un au Levant ottoman en 1689. Il publie en 1722 ses observations dans un ouvrage intitulé Voyage de Syrie et du Mont-Liban, l'une des premières sources historiques à mentionner la mission d'Antoura. Il y fait référence à sept reprises, témoignant de la présence des missionnaires jésuites et décrivant les lieux ainsi que l'église du couvent. Ce témoignage de 1689, conjugué à celui de Besson en 1660, constitue l'une des plus anciennes attestations de la tradition d'accueil de grands visiteurs européens qui allait durablement marquer l'histoire d'Antoura. Les trois pages que lui consacre l'ouvrage livrent l'une des premières descriptions narratives connues de la mission Saint-Joseph d'Antoura.

La description d'Antoura en 1689 par Jean de La Roque, Voyage de Syrie et du Mont-Liban, Paris, 1723, numérisé à partir des collections de l'Université d'Oxford, disponible sur Internet Archive : https://archive.org/details/voyagedesyrieet00marcgoog

La mémoire de la présence jésuite à Antoura

JÉSUITE À ANTOURA La Mission jésuite Saint-Joseph d’Antoura s’étend de 1657 à 1773, soit cent seize ans d’action apostolique et intellectuelle au cœur du Mont-Liban. À caractère essentiellement spirituel, elle laissa néanmoins des fondations dont certaines perdurent : outre la mission d’Antoura ellemême, qui devint Collège sous les Lazaristes en 1834, le séminaire Saint-Élie, achevé en 1742 pour la formation du clergé des communautés orientales unies à Rome, demeura actif jusqu’en 1773 ; les monastères de la Visitation à Antoura et de l’Annonciation à Zouk Mikhaël, quant à eux, sont toujours en activité, l’un comme couvent de moniales, l’autre comme école de musique. À la suite de la suppression de la Compagnie de Jésus, les prêtres de la Congrégation de la Mission, les Lazaristes, furent désignés en 1783 par la France et le Saint-Siège pour prendre la relève des anciennes missions jésuites au Levant. Soucieux de continuité, ils préservèrent la mémoire de leurs devanciers, tant dans leurs écrits que dans le patrimoine matériel des missions.

Vue du collège vers 1900, où se distingue encore la partie jésuite, avant son encastrement dans l'aile nord à partir de 1910.

L'ancien aménagement de l'autel de la chapelle SaintJoseph, photographie des années 1960.

Le blason de la Compagnie de Jésus, un monogramme composé des lettres « IHS », représentant les trois premières lettres du nom de Jésus en grec (ΙΗΣΟΥΣ), surmonté d'une croix et soutenu par les trois clous de la Passion, surmonte l'ancienne porte principale de la mission d'Antoura, datant de 1657.

Le couvent Saint-Joseph des jésuites, tel qu'il est encastré dans le Collège d'Antoura des Lazaristes. On le reconnaît à la saillie du mur et aux fenêtres exiguës.

À Antoura, cette mémoire demeure vivante et lisible dans la pierre : dans la plus ancienne partie du Collège, encastrée dans l’aile nord, avec sa chapelle originelle ; dans le sigle de la Compagnie, toujours en place au-dessus de l’ancienne porte de la première mission ; dans les inscriptions latines et arabes du premier étage du séminaire Saint-Élie ; et dans le portrait d’Ignace de Loyola que conservent les collections du Collège. Mais c’est peut-être dans la crypte funéraire, sous la petite chapelle, que cette mémoire atteint sa forme la plus saisissante : là reposent côte à côte les pères jésuites et les pères lazaristes, fondateurs successifs d’une même œuvre, unis dans une prière sans âge, veilleurs silencieux d’une mission qui, depuis trois cent soixante-neuf ans, n’a jamais cessé de transmettre.​

Bibliographie

Abu-Husayn, Abdul-Rahim. Provincial Leaders in Syria, 1575–1650. Beyrouth : American University of Beirut Press, 1985. Arvieux, Laurent d'. Mémoires du chevalier d'Arvieux. 6 vol. Paris : Charles-Jean-Baptiste Delespine, 1735. Besson, Joseph. La Syrie Sainte. Paris, 1660. Corekt, Pierre. Les Lazaristes et les Filles de la Charité au Proche-Orient, 1783–1983. Numéro spécial des Annales Vincentiennes du Proche-Orient, 1983. Al-Duwayhī, Isṭifān. Tārīkh al-Azmina. Éd. Fahd, Buṭrus. 3e éd. Beyrouth : Dār Laḥad Khāṭir, 1976. Hachem, Victor. Antoura de 1657 à nos jours : une histoire du Liban. Beyrouth : Chemaly Press, 2003. Ismail, Adel. Documents diplomatiques et consulaires. Beyrouth : Éditions des œuvres politiques et historiques, 1979. Joppin, Émile, c.m. « Histoire d'Antoura. » Bulletin du Collège Saint-Joseph d'Antoura, 1939–1949. La Roque, Jean de. Voyage de Syrie et du Mont-Liban. Paris : André Cailleau, 1722. Mouterde, René, s.j. « Le Séminaire Saint-Élie d'Antoura, confié à la Compagnie de Jésus au XVIIIe siècle. » Relations d'Orient, juillet–septembre 1927. Oueiss, Katia et Joumana Sawaya. Collège Saint-Joseph d'Antoura : continuité et renouveau, publication pour les 175 ans du Collège. Antoura : Chemaly Press, 2010. Salibi, Kamal. « Lebanon under the Dominance of Ghazir. » Arabica, t. 14, fasc. 2 (juin 1967), p. 144–166.